Bienvenue au pays du Voyage...
Une rencontre surprenante a également émaillé notre découverte de Saigon : un jeune vendeur ambulant nous a suivi pendant toute notre visite.
Alors que nous voyagions en bus, il arrivait à nous suivre sur son vélo ; et à chacun de nos arrêts, il nous proposait des produits différents : cartes postales, petits objets, casquettes, T-shirt, objets fabriqués à partir de cannettes de soda, …. Ce jeune garçon d’une dizaine d’années, au sourire éclatant, cherchait à communiquer avec nous, et non pas seulement à vendre ses bibelots. Il voulait en savoir plus sur nous, il me posait des questions en anglais sur notre pays, sur l’Europe, sur notre vision du Vietnam.
La communication est souvent facilitée avec les jeunes enfants, par rapport aux adultes (peut-être plus méfiants, parfois moins curieux ou qui n’ont simplement l’envie ou le temps d’échanger quelques mots avec des étrangers).
Je retiens du Vietnam beaucoup plus de contacts humains directs, d’échanges de sourires communicatifs qu’en Chine, par exemple. Etait-ce une coïncidence, un trait propre au caractère des Vietnamiens, une meilleure disposition de ma part à discuter avec les autochtones ?
Une autre vision de carte postale : celle des femmes coiffés de chapeaux pointus, transportant des fruits, des légumes ou toute autre chose sur un « balancier ». Celui-ci se compose d’une longue branche de bambou aux extrémités de laquelle sont fixés deux poids qui peuvent supporter un chargement de plusieurs dizaines de kilos.
Tôt le matin, en suivant ces femmes, on peut atteindre les marchés de fruits et légumes où les nuances de couleurs sont dignes des meilleurs Impressionnistes.
Je vais ici associer les 2 métropoles du Nord et du Sud du Vietnam. Cette association s’apparente peut-être à un amalgame Copenhague-Marseille qui pour nous paraît irréaliste. Mais pourtant, elle révèle, selon moi, des tranches de vie qui auraient pu être vécue simultanément, aussi bien à Hanoi qu’à Ho Chi Minh Ville.
Dans ces deux métropoles, l’un des éléments les plus frappants, pour un européen, est le vacarme assourdissant des klaxons, le ronflement des moteurs de ces flux incessants de centaines de motos, qui circulent au centre-ville et à la périphérie directe. Leur nombre démesuré donne l’impression de traverser une fourmilière géante, sans que l’on puisse précisément définir, sur chaque voie, quel est le sens de circulation dominant…
Nous avons eu le plaisir de nous mêler à ce désordre apparent (qui est en réalité très organisé), en tant que simple spectateur, au cours d’une promenade en cyclo-pousse à Hanoi. A cette occasion, nous avons eu la possibilité de traverser à pieds ces flots impétueux de motos, de vélos, d’automobiles, de cyclo-pousse, d’autobus, … Pas le moindre passage clouté, pas de feux pour les piétons à proximité du lieu que nous souhaitions atteindre. La traversée se fait « aux risques et périls » des piétons.
Un (mauvais) réflexe nous inciterait à tenter un slalom géant entre les véhicules ou à courir pour atteindre notre objectif. La meilleure solution est en fait de traverser à allure constante, sans courir, en fixant du regard l’autre côté. Les véhicules se chargent du reste. Ils passent devant, derrière ou autour de vous, occupant le vide qui vous entoure… Le résultat est probant, les sensations inoubliables !
Rien de tel finalement que de traverser une avenue à pied au Vietnam, pour prendre conscience de l’importance de la maîtrise de soi...
La première image marquante du Vietnam est la découverte de la Baie d’Ha Long. J’ai appris progressivement à me méfier de ce lieu « inoubliable, magnifique, susceptible de me marquer jusqu’à la fin de ma vie », interprétation relayée tant par les éditeurs de guides touristiques que par les médias (brochures des tours opérateurs, reportages télévisés…), mais qui ne se confirme pas forcément, une fois sur place. Malgré mon scepticisme, la baie d’Ha Long a confirmé toutes mes attentes.
Lors de notre arrivée à bord de notre sampan, le vent était trop violent pour nous permettre de sortir en mer. Les vagues craquelaient à la surface de l’eau, les nuages étaient bas. Cette découverte, qui était peut-être ma seule opportunité de découvrir cette Baie, décrite souvent comme l’une des « Merveilles du Monde », ne s’annonçait pas sous les meilleurs hospices.
Finalement, le temps nous a souri et nous avons pu quitter le port. Après plusieurs heures de navigation, nous avons pénétré dans le cœur de la baie. La pluie avait rendu l’atmosphère moite ; le soleil caché derrière les nuages nous avait permis de voguer par une température que notre équipage qualifiait de supportable, mais qui pour nous était étouffante.
La sortie avait duré plusieurs heures et je garderai en mémoire l’image de ces villages de pêcheurs sur l’eau, ces bateaux collés les uns aux autres, où des familles habitent souvent toute leur vie, loin de tous les attributs de confort que nous connaissons.
Un an après avoir approché la Chine, je posais mes valises à Hanoi, l’une des principales métropoles vietnamiennes. Je m’attendais à revivre un enthousiasme équivalent à celui de la Chine. Peut-être avais-je été trop exigeant ? Ou pour l’européen que je suis, le Vietnam et la Chine ont-ils trop de points communs pour assurer un « dépaysement » enthousiaste ?
Néanmoins, le Vietnam m’a offert son lot de surprises.
